Pourquoi faut-il absolument aller voir Frances Ha ?

On me l’avait plutôt bien vendu « c’est génial, ça va te plaire, c’est exactement toi! ». Revenant de Arles et apprenant que ce film avait été tourné en noir et blanc, je me suis tâtée un peu. Mes yeux avaient besoin de répit et de repos. Cela ne m’a quand même pas empêchée de foncer au cinéma à la première occasion.

Frances Ha

Je me suis retrouvée face à face avec un espèce de double de la génération Y Z W (je ne sais pas, vous choisirez). Une blonde super copine avec une petite brunette. Nous suivons donc Frances à travers New York, à travers sa vie en zigzag. Allociné résume le film ainsi « Frances, jeune New-Yorkaise, rêve de devenir chorégraphe. En attendant, elle s’amuse avec sa meilleure amie, danse un peu et s’égare beaucoup… ». La deuxième phrase me chiffonne (et ne convient pas du tout au film). Après deux visionnages passionnés, je ne crois vraiment pas qu’elle s’égare car Frances ne s’égare pas, elle se cherche, elle teste. Toutes ces aventures vont dans un sens, toute la vie qu’on nous déroule sous les mirettes a une direction. La danse, l’amitié, le bonheur. Et tant pis si elle part sur un coup de tête 24 heures à Paris. Jamais elle ne fait machine arrière. A l’inverse quand on s’égare on essaie de revenir sur ses pas pour retrouver la stabilité, la sécurité antérieure. Ici il n’est jamais question de revenir en arrière puisque chaque pas construit le personnage, l’étoffe et le pousse vers l’avant. Je pense donc que le résumé d’Allociné (et d’autres sites d’ailleurs car je ne sais pas qui a repris qui) est un contresens total.

Un film qui vous donne la patate, vous remue un petit peu se fait rare par les temps qui courent. C’est donc le moment de foncer au cinéma (avant que Frances Ha ne soit plus à l’affiche). Je suis sure que vous en sortirez avec l’envie de danser et d’enjamber les rayures blanches des passages cloutés.

On parie??

I am completely UNDATABLE

Un avant-goût

Ps: en relisant tout ça, je me dis que je suis une anti-spoileuse.

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Arles 2013 – Back in Black !

Arles, Arles, Arles… Aller à Arles pendant la semaine pro c’est un peu le summum de la hype. Tout le monde est là, tout le monde se regarde et tout le monde évidemment, s’adore.

Rencontres d'Arles 2013

Pourvue d’un pass pro j’ai pu profiter à 100% de tout. Expo, conférences, projections, j’en ai fait des choses!

Ce que je retiens donc de cette aventure arlésienne où il a fait bien chaud, où j’ai appris plein de choses (car la photo ce n’est pas du tout ma spécialité):

– Le Noir est Blanc c’est sympa mais ça demande de la concentration. Après une dizaine de salles en noir&blanc, la couleur surgit et vos yeux dilatés crient victoire. Je ne sais quoi penser de cette thématique, les connaisseurs ont des avis contradictoires. Il y a ceux qui soutiennent que le noir&blanc est l’essence même de la photographie et il y a les autres trouvent ça trop facile. De toute façon, moi, à partir du moment où ce n’est pas flou je suis fière de moi donc la technique pure, j’en suis loin.

– Les expos sont super super (foi de journaliste). Les éloges et hommages sur le travail de Sergio Larrain n’ont pas manqué. Travail magique du bout du monde qui touche quelque chose de sensible à l’intérieur. Son travail est exposé dans l’église Sainte-Anne. Oui le festival a l’art d’investir les églises, désaffectées si j’ai bien compris mais c’est un sentiment étrange. Hiroshi Sugimoto présente son travail (Couleurs de l’ombre): des couleurs fabuleuses qu’il a réalisé pour Hermès et ses fameux carrés (église Saint Blaise). Une autre église à visiter, celle des Frères Prêcheurs dans laquelle expose Alfredo Jaar (La politique des images). C’est à voir le ventre vide et le coeur bien accroché. NB: ne pas ouvrir les boîtes noires.  il faudrait aussi aller faire un tour aux Ateliers pour sourire devant les photos de Pierre Jamet, admirer les Jeunes Talents spotted by SFR et déprimer au Magasin Electrique. Une dernière glace en centre ville avant Jacques-Henri Lartigue, photographe découvert tardivement et qui nous ouvre son coeur.

– Les petites guinguettes bio/végétariennes/saines pullulent. Ces gargotes ouvrent-elles pour les Rencontres? Vous n’aurez que l’embarras du choix, par contre, qu’on se le dise, ce n’est pas tellement « moins cher », pas fous les bourdons!

– La mer n’est pas loin, il suffit de prendre le car ligne 20 (environ 50 minutes) direction Saintes Maries de la Mer et c’est plié! On évite soigneusement les restos et autres horreurs du bord de mer. Mieux vaut, comme souvent, s’armer de son bon vieux sandwich plutôt que d’aller s’encanailler les yeux fermés dans un de ces attrape-touristes. 

– La Camargue est également à portée de bus, toujours par la ligne 20. A ma grande surprise (je suis naïve) le parc naturel est payant . Il faudrait revenir aussi et profiter des ballades à cheval proposées un peu partout. La photographie l’a emporté sur le poney. Too bad ! 

Bref Arles c’est à faire et surement à re-faire. La soirée Arles hors les murs valait vraiment le coup ! 

Arles au XVIIe siècle

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Sois moche et tais-toi!

Départ en voyage, récupération du sac à dos de mon dix-huitième anniversaire. Hop mes amis m’arnachent comme un petit baudet, ça les fait marrer de me voir, moi la parisienne, avec un sac de rando.

No more sales!

No more sales!

A les écouter, il faudrait que j’abandonne toute dignité vestimentaire pendant mon voyage. Le sac à dos remplacera parfaitement mon cher sac Sandro (sic!). Pour l’avion on me conseille un jogging genre look pilow mais ça c’est ok toutes les stars le font. J’assumerai donc le pantalon Go sport premier prix et déjà troué quand j’irai gambader dans les allées verdoyantes de mon A347.

Le calvaire continue sur place! Je pensais être tranquille, rechausser mes jolies bottines et enfiler mon pantalon Comptoir au sortir de la boite de conserve. Mauvaise idée me dit-on, je serais bien mieux en jean et en vieux pull, des choses qui ne craignent rien. Je rappelle tout de même que je ne pars pas à Bagdad ou dans toute autre zone sinistrée, je vais à Los Angeles / San Francisco / Chicago. L’étape sac à dos bleu est déjà assez pénible à endurer. En fait le vrai conseil serait de me vêtir d’autres nippes atroces qui me permettraient de faire camouflage au cas où on me poursuive avec un hamburger genre Liu Bolin mais avec des fringues Quechua.

Du coup, je regarde mon armoire Pax avec défiance: auras-tu le courage de me trouver des vêtements tout terrain? Un soupir s’en suit et je finis par dégoter un jean potable! Youhou! Pour le reste, ma mission semble inéluctablement condamnée à l’échec mais j’y mets de la mauvaise volonté aussi. Après tout, l’objectif est certes de visiter mais de visiter, de pouvoir nouer des contacts avec les « locaux » et vu ce qu’on me propose comme attirail c’est mort.

J’ai donc décidé de remercier mes super amis de leurs recommandations quant à cette partie là de mon voyage et de remplir ma valise de belles choses. C’est vrai, c’est pas parce qu’on part en vacances qu’on est obligé d’être moche, flûte! (la jalousie est un vilain défaut)